Spreads de crédit : lire les obligations d’entreprises
Les spreads de crédit sont le thermomètre le plus sensible de la finance, et l'un des moins regardés hors des salles de marché. Ils mesurent ce qu'une entreprise doit payer de plus qu'un État pour emprunter : quelques dixièmes de point pour un grand groupe bien noté, plusieurs points pour un émetteur fragile. Quand ils s'ouvrent, c'est que les prêteurs commencent à douter — souvent avant que les actions ne le montrent. Encore faut-il ne pas les confondre avec ce qui leur ressemble : le rendement d'une obligation, ou le cours d'un fonds coté d'obligations, ne sont pas des écarts. Ce guide explique ce qu'est un spread de crédit, comment il se mesure, où passe la frontière entre les deux grandes catégories, ce qui le fait bouger, et six erreurs de lecture.
Spread OAT-Bund : lire l’écart de taux France-Allemagne
Le spread OAT-Bund est le nombre par lequel les marchés résument, chaque jour, ce qu'ils pensent de la signature de la France. C'est une soustraction : le rendement de l'emprunt d'État français à dix ans, moins celui de son équivalent allemand, exprimée en points de base. Le 18 septembre 2026, la presse financière annonce que l'écart a touché 100 points de base, une première depuis 2012 ; le même jour, les taux publiés par l'Agence France Trésor et par la Bundesbank donnent 95. Les deux chiffres sont exacts. Ce guide explique ce qu'est cet écart, comment il se calcule et pourquoi deux sources divergent, ce qu'il mesure vraiment, ce qui le fait bouger, le rôle de la BCE et des agences de notation, et six erreurs de lecture.