Anticipations d’inflation : points morts, TIPS, enquêtes
Les anticipations d'inflation sont le chiffre que les banques centrales regardent quand elles ont fini de regarder l'inflation. Car la hausse des prix de demain dépend en partie de celle que chacun attend aujourd'hui : le salarié qui négocie, l'entreprise qui fixe ses tarifs, le prêteur qui réclame un rendement. Encore faut-il savoir de quelles anticipations l'on parle. Celles des marchés se déduisent du prix d'obligations indexées ; celles des ménages se recueillent par enquête ; celles des économistes professionnels aussi — et les trois ne donnent jamais le même nombre. Ce guide explique ce que mesure chacune, comment se calcule un point mort d'inflation, pourquoi il n'est pas une anticipation pure, ce que veut dire « ancrage », et six erreurs de lecture.
Dot plot : lire les projections de la Fed
Quatre fois par an, la Réserve fédérale publie un graphique fait de petits points, et les marchés du monde entier s'y penchent comme sur un oracle. Le dot plot — le nuage de points — montre où chaque membre du comité de politique monétaire situe le taux directeur approprié à la fin des prochaines années. On en tire une médiane, que la presse présente comme « ce que la Fed va faire ». C'est précisément ce qu'il n'est pas : ni une décision, ni un engagement, ni même un avis collectif. En trois mois, de juin à septembre 2026, la médiane pour la fin de l'année est passée de 3,8 % à 4,1 %. Ce guide explique ce que sont ces projections, comment lire le nuage, ce que vaut sa médiane, quand il paraît, et six erreurs de lecture.
Bilan des banques centrales : lire le QE et le QT
On suit les taux directeurs ; on oublie le bilan des banques centrales, qui est pourtant l'autre moitié de la politique monétaire. Depuis 2008, la Réserve fédérale et la BCE n'ont pas seulement fixé le prix de l'argent : elles ont acheté des milliers de milliards d'obligations — le QE —, puis laissé ce portefeuille fondre — le QT. Ces opérations se lisent chaque semaine dans deux documents publics, que presque personne n'ouvre. La Fed y affiche aujourd'hui 6 747 milliards de dollars d'actifs, l'Eurosystème 5 911 milliards d'euros. Ce guide explique ce qu'est le bilan d'une banque centrale, ce que sont les réserves, comment fonctionnent QE et QT, où et quand lire les chiffres, ce que les marchés y cherchent, et six erreurs de lecture.
Rapport sur l’emploi américain : comment le lire
Le premier vendredi du mois, à 8h30 heure de Washington — 14h30 à Paris —, le Bureau of Labor Statistics publie le rapport sur l'emploi américain, que les marchés appellent les « NFP » (non-farm payrolls). C'est la publication la plus attendue du calendrier : elle déplace les taux, le dollar et les indices en quelques secondes. Elle est aussi la plus mal lue, parce qu'elle contient deux enquêtes qui ne mesurent pas la même chose, des révisions qui réécrivent les mois précédents, et une marge d'erreur plus large que la plupart des variations commentées. Ce guide explique ce que contient le rapport, comment le BLS le construit, ce que valent ses chiffres et leurs révisions, où le lire à la source, et les erreurs qui reviennent chaque mois.
Taux directeurs : comment la Fed et la BCE décident
Huit fois par an à Washington, huit fois par an à Francfort, une phrase de quelques mots fixe le prix de l'argent pour des centaines de millions de personnes. Les taux directeurs sont la variable la plus commentée de la finance, et l'une des plus mal comprises : on confond les taux entre eux, on prend une projection pour une promesse, on lit une décision sans savoir ce que le marché avait déjà intégré. Ce guide explique, sans jargon inutile, comment la Réserve fédérale américaine et la Banque centrale européenne décident, selon quel calendrier, avec quels outils, et par quels canaux leurs décisions atteignent les actifs cotés.